MARTINIQUE


MARTINIQUE
MARTINIQUE

L’île volcanique de la Martinique (1 100 km2) occupe, entre les îles Dominica et Sainte-Lucie, une position centrale au milieu des Caraïbes orientales. Habitée par les indigènes Karibs jusqu’à l’arrivée des Espagnols en 1493, elle échappa en partie, comme les autres îles de l’archipel, aux ébranlements de la conquête.

L’occupation française débuta en 1635 après l’intermède de Saint-Christophe. La Martinique devint le siège du gouvernement général des îles d’Amérique – y compris Saint-Domingue jusqu’en 1714. La colonisation française fondée sur le système esclavagiste, réglementé par l’édit de 1685 (Code noir), contribua à la formation d’une société martiniquaise très hiérarchisée. Colons blancs (békés), engagés, Nègres libres et Nègres esclaves s’organisèrent autour de la production coloniale (monoculture sucrière) jusqu’en 1848.

Après l’abolition de l’esclavage, un puissant courant assimilationniste, émanant du pouvoir central, s’imposa durablement avec l’assentiment de la majorité d’une élite martiniquaise. Depuis 1946, l’île a un statut de département français.

1. Le domaine des indigènes

L’occupation humaine de la région des Caraïbes a laissé des traces datant de plus de 6 000 ans, sous la forme de gros fragments de silex. C’est la culture casimiroïde , très fruste, localisée en Haïti. Les hommes vivaient partout en petites bandes nomades qui se nourrissaient de chasse et de cueillette. Les anthropologues Irving Crouse et J. Cruxent pensent que ces premières populations des Caraïbes insulaires seraient originaires de l’isthme centraméricain et auraient peut-être atteint les îles situées entre le continent et la Jamaïque, lors de la poursuite de tortues marines. Cet âge de pierre semble avoir duré jusque vers 500 avant J.-C. Les vestiges laissés ensuite par les populations de l’âge archaïque montrent qu’elles travaillaient les coquillages pour en faire des couteaux et des haches et qu’elles ignoraient l’agriculture et la poterie. Certains éléments paraissent indiquer des contacts avec la Floride et le Venezuela. La culture archaïque aurait survécu jusqu’au XVIe siècle. La préhistoire de la Martinique commence avec l’âge de l’agriculture et de la céramique. Un type de société sans aucune indication de spécialisation des tâches ou de hiérarchie sociale très développée, caractérisée par une vie sédentaire de communautés groupées en villages (carbets ) situés de préférence au bord des rivières, apparaît dans le bassin de l’Amazone vers 2000 avant J.-C. et persiste jusqu’à nos jours. La culture du manioc, base principale de subsistance, et d’autres plantes (patates douces, ignames) est pratiquée dans des jardins et sur brûlis dans la forêt environnante, à proximité du village. La préparation du manioc et le travail de la poterie reviennent aux femmes, tandis que les hommes complètent la subsistance par la chasse et la pêche.

Plusieurs migrations se sont succédé aux Caraïbes venant du Venezuela et de Trinidad. On peut distinguer quatre périodes principales:

– Période I (200 à 350): culture saladoïde , de Saladero, sur le moyen Orénoque, site où l’on a trouvé la représentation la plus ancienne de cette culture. La côte nord-est de la Martinique est occupée par des communautés d’agriculteurs. Il semble qu’une éruption volcanique les ait obligés, vers 295, à quitter l’île.

– Période II (350-650): elle se manifeste par la culture barrancoïde , qui existe à cette époque sur le bas Orénoque, et par l’apparition de la langue proto-maipuran (maipurane , branche de la famille arawak à laquelle appartient la langue parlée des Karibs).

– Période III (650-950) et période IV (950-1500): elles témoignent de l’importance de la mer et posent le problème des migrations caraïbes. Les Européens – Espagnols au XVIe siècle, Français de 1635 à 1660 – se heurtent, à la Martinique, aux indigènes qui quittent définitivement la côte est de l’île pour aller vivre à la Dominique et à Saint-Vincent.

2. La conquête

Christophe Colomb rencontra le 13 janvier 1493 – lors de son premier voyage – les Ciguayos du nord de Haïti dans le golfe des Flèches, qui lui parlèrent des îles de Carib et de Matinino. Il nota sur son journal de bord que cette dernière, où il y avait beaucoup d’or, était habitée par des femmes seules. À certaines époques de l’année, les hommes venaient leur rendre visite, de l’île de Carib. Si elles donnaient le jour à un garçon, elles l’envoyaient dans l’île des hommes et, si c’était une fille, elles la gardaient dans la leur. Colomb envisageait de se rendre dans ces deux îles pour en ramener quelques spécimens et les montrer en Espagne, mais il dut se résoudre à prendre le chemin du retour à cause des deux caravelles qui prenaient l’eau. Par la suite, les conquistadores enrichirent cette légende de Matinino, l’île aux femmes, en associant ces dernières aux Amazones. Colomb, qui recherchait des preuves orientales de son périple, se contenta de propager le mythe des îles Masculine et Féminine tiré de la lecture des auteurs arabo-musulmans.

La conquête et la colonisation françaises de la Martinique débutèrent quand Pierre Belain d’Esnambuc y débarqua, le 15 septembre 1635, avec une centaine d’habitants de l’île de Saint-Christophe. La Compagnie de Saint-Christophe, créée le 31 octobre 1626 sous la houlette de Richelieu, avait nommé D’Esnambuc gouverneur de l’île – que les Français partageaient avec les Anglais depuis 1625 – et l’avait engagé à s’emparer des îles voisines encore inoccupées. Il envisagea de coloniser la Guadeloupe, qui lui semblait la plus favorisée sur le plan géographique, mais il fut devancé par un de ses lieutenants, Charles Liénard de l’Olive, riche habitant de Saint-Christophe. L’Olive, après la création de la Compagnie des îles d’Amérique (1635-1650), entreprit avec son associé, Jean Duplessis, la conquête de la Guadeloupe, le 25 juin 1635. Mécontent, D’Esnambuc refusa d’aider les colons en difficulté – manquant surtout de vivres – en Guadeloupe, et prit possession de la Martinique. Il laissait, avant de repartir pour Saint-Christophe, le commandement à son lieutenant Jean Du Pont qui disparaissait en mer en décembre 1635, prisonnier des Espagnols, puis à Jacques Dyel Du Parquet, son neveu. À la mort de D’Esnambuc, en juin 1637, la Compagnie confirma Du Parquet au poste de lieutenant général de la Martinique, sous l’autorité du capitaine général siégeant à Saint-Christophe. Ce dernier poste revint, le 6 janvier 1638, au commandeur Philippe de Longvilliers de Poincy, qui devint gouverneur général des îles françaises. Sous la férule de Du Parquet, gouverneur et sénéchal, pour le compte de la Compagnie des îles d’Amérique jusqu’en 1650, la Martinique se développa en évitant – comme en Guadeloupe – de se heurter trop brutalement aux indigènes Karibs. La conquête des îles voisines – Sainte-Lucie et Grenade – s’effectua cependant à leur détriment. Les quatre directeurs de la Compagnie à Paris veillaient surtout au bon rendement financier des îles. Ils organisèrent un système administratif comprenant un commis général associé à des commis, percepteurs, écrivains, contrôleurs qui devaient tenir des registres et les états périodiques à leur adresser. La Compagnie, qui avait proclamé son intention de convertir les indigènes, n’envoya pas de religieux. Les colons durent faire venir à leurs frais un ou deux prêtres séculiers. Les colons se répartissaient en compagnies de milice commandées par un capitaine, secondé par des lieutenants, enseignes et sergents. Il existait en 1640 quatre compagnies disposées sur les quartiers du Carbet, de Saint-Pierre, du Prêcheur et de Case-Pilote. Les officiers de milice se réunissaient en conseil de guerre chaque fois qu’un problème concernant la sûreté de l’île se posait. C’est ce conseil qui devint en 1642 une cour souveraine ou supérieure, chargée, sous la présidence du gouverneur, de la justice – des jugements en appel –, de l’enregistrement des édits royaux avec le droit de remontrance, et même des ordonnances de police. Capitaines et officiers jouissaient de privilèges, dont certaines exonérations de droits. «Tous les habitants, écrit le chroniqueur Du Tertre, les honorent et leur obéissent comme s’ils étaient leurs soldats.»

Après la mort de Richelieu en décembre 1642 et de Louis XIII en mai 1643, la désignation d’un protégé de la reine, Noël Patrocle de Thoisy, comme successeur du commandeur de Poincy déclencha les troubles dans les îles. Poincy refusa de quitter son poste et, avec l’aide des Anglais, il repoussa Thoisy qui se réfugia en Guadeloupe. Du Parquet prit le parti de Thoisy et, en janvier 1646, il débarqua à Saint-Christophe où il fut fait prisonnier. Ses amis de Martinique se saisirent de Thoisy et l’échangèrent contre Poincy. La Compagnie en difficulté décida de vendre la Guadeloupe et ses îles (Marie-Galante, la Désirade et les Saintes) aux associés Houel-Boisseret, le 4 septembre 1649. Saint-Christophe et ses dépendances furent cédées à l’ordre de Malte, auquel appartenait de Poincy, et la Martinique, Sainte-Lucie, la Grenade et les Grenadines à Du Parquet, le 27 septembre 1650.

Jacques Du Parquet, seigneur propriétaire, fut fait par le roi, le 22 octobre 1651, «gouverneur et lieutenant général des îles de la Martinique, Sainte-Alousie, Grenade et Grenadines». Jusqu’à sa mort, en 1658, il favorisa l’établissement des Hollandais et des juifs portugais expulsés du Brésil. Sous leur impulsion commença la production du sucre et s’organisa le système esclavagiste. La disparition de Du Parquet ouvrit une période de troubles politiques et sociaux. Des raids meurtriers entrepris contre les Karibs de Capesterre avec l’appui des jésuites et des dominicains déclenchèrent les représailles des indigènes. Le traité de 1660 rétablit la paix dans les îles françaises et anglaises. La Martinique comptait à cette date 2 580 Français ou Européens, 2 683 Africains, «mulâtres» et «sauvages», soit 5 263 individus. Cette population se répartissait entre Le Prêcheur et Case-Pilote en six cent vingt et une habitations organisées en sept compagnies de milice. Les jésuites, en 1660, possédaient une sucrerie et des esclaves.

Colbert fonda, en mai 1664, la Compagnie des Indes occidentales et envoya Prouville de Tracy dans les îles afin de rétablir l’ordre (règlement du 17 mars 1665). La Compagnie dépêcha le gouverneur Robert de Clodoré et l’intendant De Chambre avec des marchandises – en nombre très insuffisant, selon les colons.

Ils se heurtèrent aux «habitants» qui trafiquaient avec les Hollandais. Une tentative de «guerre aux Nègres marrons» en avril 1665 fut suivie d’une période de conflit contre les Anglais en 1666-1667. Saint-Pierre réussit à repousser une attaque de la flotte ennemie du 29 juin au 11 juillet 1667.

La désignation de Jean-Charles de Baas, gouverneur général de 1669 à 1679, officialisa le poste. Il appliqua les instructions de Colbert malgré les habitants «farouches et mutins» livrés au «libertinage», aux «mauvaises habitudes» qu’ils ont contractées et leur «aversion invincible [...] contre la Compagnie».

Au cours de la guerre de la France contre les Provinces-Unies en juillet 1674, la flotte commandée par l’amiral Michael Adriaanzoon de Ruyter (1607-1676) attaqua la Martinique avec quarante-quatre vaisseaux. La Compagnie des Indes occidentales qui administrait l’île fut dissoute en décembre 1674. La Martinique devint alors une colonie française dotée d’une administration civile et militaire. À sa tête, le gouverneur général, l’intendant et, depuis 1672, un gouverneur particulier étaient les principaux agents de cet État colonial. L’île devint le siège du gouvernement général des îles d’Amérique, qui exerçait une autorité théorique sur toutes les colonies françaises de la zone des Caraïbes, y compris la Guyane. En 1714, un deuxième gouvernement général, dit des îles sous le Vent, fut créé, siégeant à Saint-Domingue. Le gouverneur général de Fort-Royal en Martinique n’exerçait plus son autorité que sur la Martinique, la Guadeloupe et ses dépendances et sur la Grenade, c’est-à-dire sur les îles dites du Vent.

Les administrateurs de la Martinique furent choisis parmi les personnalités de la cour, proches du pouvoir central. Gouverneurs généraux et intendants – à partir de 1679 –, richement rétribués, favorisèrent l’île dans la répartition des hommes, des capitaux, des troupes, des armes et des vivres envoyés de France. Négociants et armateurs des ports de France envoyèrent leurs navires à SaintPierre où, depuis 1668, toutes les prises faites entre les tropiques étaient conduites et vendues. Le cabotage inter-îles disparut peu à peu, et la Martinique concentra à son profit tout le commerce colonial. Les commerçants martiniquais s’enrichirent, et le groupe des commissionnaires de Saint-Pierre, qui servait d’intermédiaire entre les négociants d’Europe et les colons, prit une ampleur politique et sociale.

3. Colonisation et esclavage

La Martinique comptait 10 600 habitants dont 6 500 Nègres esclaves en 1671, 15 500 habitants dont 10 650 esclaves en 1686. On y dénombrait alors cent neuf «habitations-sucrières» et deux cent trente-quatre exploitations de pétun (tabac). Les habitantsplanteurs nés dans l’île – dont beaucoup prétendaient en vain à des titres de noblesse – siégeaient au Conseil supérieur, dont les attributions recouvraient le domaine judiciaire, les règlements de police générale pour la sécurité intérieure, la police des Nègres esclaves, certaines réglementations de la vie publique et le régime du commerce de l’île. Il devait veiller à la stricte observation du monopole de l’Exclusif et lutter contre le «commerce étranger». En 1762, le Conseil était remplacé par une Chambre d’agriculture qui désigna un délégué auprès du ministre de la Marine. En 1787, une Assemblée coloniale, placée sous l’autorité du gouverneur et de l’intendant, était créée par ordonnance pour la fixation de l’assiette et la répartition de l’impôt. Le Conseil supérieur reprit ses activités sous l’occupation anglaise, de 1794 à 1802, envoyant un député à Londres qui représentait la Martinique auprès du roi d’Angleterre, jusqu’au traité d’Amiens (1802) par lequel la Martinique revint à la France. Le Conseil supérieur devint alors tribunal d’appel. Les colons békés occupèrent les postes de conseillers inamovibles jusqu’en 1828-1830. Le recrutement de conseillers en dehors du groupe des planteurs traditionnels à partir de 1830 porta un coup fatal à cette institution – dotée du pouvoir de répression dans une société esclavagiste – et aux magistrats créoles qui se virent concurrencés par des magistrats français envoyés par le pouvoir central.

L’administration coloniale de Colbert élabora en 1665 les règles du système de l’Exclusif, qui avait pour objectif principal, à l’époque du mercantilisme, d’assurer l’accroissement de son stock monétaire. La règle de l’Exclusif prescrivait que la colonie ne pouvait acheter qu’à la France et ne devait rien produire qui pût diminuer ses achats. Ce qui impliquait l’interdiction des manufactures aux colonies, la primauté des colonies tropicales sur les colonies de peuplement de l’Amérique du Nord et réservait le monopole des transports maritimes aux armateurs nationaux. Entre 1625 et 1660, les îles du Vent, qui produisaient du tabac et qui commençaient à cultiver la canne à sucre, étaient en pratique intégrées à l’économie hollandaise. Les administrateurs de la Compagnie des îles d’Amérique, puis les gouverneurs-propriétaires, s’étaient vus contraints de traiter avec les marchands des Pays-Bas. L’ensemble de la production des îles était exporté vers Flessingue, voire Hambourg et les autres cités hanséatiques. Un nombre imposant de raffineries s’était créé à l’étranger: Amsterdam comptait quatre-vingts raffineries d’où les sucres étaient revendus en France. Entre 1665 et 1670, Colbert interdit toute relation commerciale des colonies françaises avec l’étranger, visant les Provinces-Unies.

Des raffineries s’établirent à Dieppe, Dunkerque, Lille, Hondschoote, La Rochelle et dans le Midi, à Bordeaux, Sète, Nîmes et Marseille qui distribuait les denrées antillaises dans le Levant, en Italie, en Suisse et dans la région rhénane. Vers 1690, le commerce avec les îles était devenu assez important pour occuper plus de 400 000 sujets du roi de France. Paris, Orléans, Lyon devinrent des centres de distribution de première importance d’où les denrées coloniales rayonnaient vers le nord (la mer Baltique), la Lorraine, l’Alsace et l’Allemagne. Les sucres surtout s’imposèrent dans toute l’Europe et servirent de fret de retour aux navires chargés de bois, de goudrons, qui venaient de Scandinavie, de Prusse et des pays de la Baltique. Le commerce des îles, qui permit l’opulence des planteurs fixés à la cour, fit surgir une somptueuse architecture à Nantes et à Bordeaux, fondée sur le travail des Nègres de Martinique, de Saint-Domingue et de Guadeloupe. Vers 1771, les importations des îles et colonies des Caraïbes s’élevaient à plus de 215 millions de livres tournois.

4. La société coloniale

On distingue les grands Blancs, aristocratie des planteurs sucriers et caféiers, des petits Blancs, artisans, «vivriers» – agriculteurs produisant des vivres pour le marché local – et gérants de plantations. Après l’échec de la cohabitation avec les Amérindiens, les colons recrutent des «engagés» en France, qui sont pour la plupart de pauvres gens racolés dans les ports ou dans l’intérieur du royaume par des rabatteurs à la solde des négociants et des armateurs. Bien que les textes en vigueur concernent l’envoi d’agriculteurs, dans la pratique, les engagés s’avèrent peu aptes au travail agricole. En juillet 1655, le vice-roi d’Amérique, le duc d’Anville, fut autorisé à «utiliser les vagabonds des villes et des champs et des bannis au moins de cinq ans pour peupler les îles d’Amérique». Le gouverneur de Baas supplie en 1669 «qu’on envoie tous les ans un nombre de garçons de quatorze ans avec des filles de dix qui se trouvent en plusieurs hôpitaux de France». En 1683 et 1688, des convois de forçats partent de Provence pour la Martinique. Les engagés doivent servir leurs maîtres aux colonies pendant trois ans, après quoi ils ont la possibilité de s’installer définitivement comme artisans, voire comme colons en se mariant avec des filles créoles. Contrairement au mode d’appropriation des terres dans les îles anglaises fondé sur la vente des terrains défrichés aux premiers colons, dans les îles françaises, les terres concédées étaient en friche. Le système de succession avait dû, lui aussi, s’adapter au domaine sucrier qui ne pouvait être divisé en nature sous peine de ruiner tous les héritiers. Il s’y était substitué un système de partage en valeur qui aboutissait à la création d’une unité agricole intangible, considérée comme la cellule vivante de la société sucrière.

La Coutume de Paris avait été adoptée en 1645, après l’abandon de la Coutume de Normandie apportée par les premiers colons.

Le Code noir, édicté en 1685, ne fut guère appliqué par les colons qui préférèrent élaborer un régime juridique aux XVIIe et XVIIIe siècles, plus conforme à leurs exigences de propriétaires esclavagistes.

La Martinique attirait l’attention des grands seigneurs à l’affût d’un gouvernement, d’un mariage avec une créole – fille de grand propriétaire –, des négociants avides de spéculation et même d’économistes en renom qui analysèrent la société pour y découvrir des mécanismes d’enrichissement. Ils s’aperçurent que les plantations insulaires jouaient dans l’économie de la France et de la Grande-Bretagne un rôle déterminant. Les physiocrates, par exemple Lemercier de La Rivière, intendant à la Martinique (1757-1794), et le marquis de Mirabeau, gouverneur de la Guadeloupe et de la Martinique, tentèrent sur place des expériences intéressantes. Les ordres religieux eux-mêmes n’échappèrent pas à la frénésie de spéculation. La faillite célèbre du père La Vallette illustra les opérations des jésuites à la Martinique en 1761. Le clergé colonial, possesseur d’esclaves, était impliqué dans la production et dans le commerce. La dispersion de l’habitat et l’importance sociale des habitants sucriers rendaient le rôle de l’Église purement rituel. Les habitants étaient astreints au paiement d’un impôt, la capitation, évaluée selon le nombre des esclaves qu’ils possédaient. En 1731, la Martinique comptait 56 548 habitants et, vers 1750, elle était peuplée de 11 922 Blancs et 80 000 Noirs. La traite négrière, officialisée depuis la création de la Compagnie des Indes occidentales le 28 mai 1664, qui permettait de combiner le trafic des Africains avec le commerce des îles, était jugée continuellement insuffisante en fonction des besoins. Or le manque de main-d’œuvre freine le développement économique des îles. Les chiffres officiels indiquent qu’il entre 374 Nègres en 1764, 1 199 en 1765, 455 en 1766, 82 en 1767, 208 en 1768, 193 en 1775, 225 en 1776, 128 en 1777, mais aucun en 1769, 1773 et 1774. C’est peu, comparé à la colonie de Saint-Domingue qui reçoit à la même époque une moyenne annuelle de 15 000 à 20 000 Nègres; mais la Guadeloupe est encore plus défavorisée que la Martinique. En 1807, la population de la Martinique comprend 10 377 Blancs, 6 555 gens de couleur libres et 80 473 esclaves, soit une population totale de 97 405 habitants. Le groupe des gens de couleur est constitué des affranchis – Nègres et Mulâtres, enfants de Blancs et d’Africains – et des libres, nés de parents affranchis ou ceux dont un des parents blancs a pu éviter de le soumettre au système esclavagiste. L’approvisionnement de la Martinique – relativement mieux fournie que la Guadeloupe – en main-d’œuvre africaine permettait aux enfants de colons et de Nègres d’éviter d’être soumis au système esclavagiste. Les enfants en Guadeloupe nés de ce croisement de Blancs et de Nègres n’avaient pas ce privilège et devaient servir comme esclaves, souvent sur la plantation même de leurs parents.

5. Destruction du système esclavagiste

Les événements survenus à Saint-Domingue entre 1791 et 1803 – qui aboutirent à la proclamation de l’indépendance de Haïti le 1er janvier 1804, après que les troupes de Bonaparte, venues pour rétablir l’esclavage aboli par la Convention, furent vaincues par la résistance des anciens esclaves – eurent un grand retentissement dans la région des Caraïbes, effrayant les colons, donnant espoir de liberté aux esclaves.

En Martinique, une menace de révolte générale des esclaves en 1824, des troubles survenus à Saint-Pierre en 1831 puis à Grande-Anse en 1833 jalonnèrent toute la première moitié du XIXe siècle. Des centaines d’esclaves fuirent la Martinique comme la Guadeloupe pour les îles britanniques voisines, où la liberté avait été proclamée en 1834. La persistance du marronnage contribuait à renforcer les craintes des colons. En 1831, les droits civils avaient été reconnus aux hommes de couleur libres des colonies françaises.

Le 4 mars 1848, le gouvernement provisoire, malgré la pression des colons en faveur du maintien de l’esclavage, adopta, sur proposition de Victor Schœlcher, le principe de l’abolition immédiate de l’esclavage dans les colonies françaises. Il créa une Commission d’abolition de l’esclavage que Schœlcher, nommé sous-secrétaire d’État aux Colonies, présida. Schœlcher signa le décret d’abolition de l’esclavage à Paris, le 27 avril 1848. Le décret prévoyait le versement d’une indemnité aux anciens propriétaires d’esclaves et devait être promulgué aux colonies deux mois après sa publication par les organes d’information officiels locaux. Une insurrection générale ayant éclaté en Martinique et la ville de Saint-Pierre étant menacée d’incendie et de destruction par les insurgés, le gouverneur de l’île fut contraint de proclamer l’abolition de l’esclavage dès le 23 mai 1848, avant l’arrivée du décret parisien. Le gouverneur fut remplacé au début de juin par un commissaire général de la République, martiniquais, proche de Schœlcher, François-Auguste Perrinon. Perrinon, nommé au poste de chef administratif et militaire de son île natale – siège du gouvernement général des Antilles françaises –, fut le premier Martiniquais de couleur promu à une telle responsabilité.

La période d’effervescence politique inaugurée en 1848 par l’octroi des droits politiques aux esclaves affranchis devait durer jusqu’à la fin de l’année 1851. La Martinique devait élire au suffrage universel trois (en 1848) puis deux (en 1849) représentants à l’Assemblée nationale. Ces représentants du peuple devaient remplacer les anciens délégués des colons envoyés par le Conseil colonial – assemblée locale créée en 1833, puis supprimée en 1848 – auprès du ministre de la Marine et des Colonies. Les sénatus-consultes de 1854 et de 1866, qui fixèrent le statut législatif de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane et de la Réunion, rétablirent le Conseil général (en 1854), renforçant les pouvoirs du gouverneur et ne laissant aux assemblées locales que des fonctions essentiellement consultatives, mis à part la fixation des taxes et impôts locaux. Deux personnalités dominèrent cette période en Martinique: Victor Schœlcher, en tant que signataire du décret d’abolition de l’esclavage, qui représentait la tendance républicaine, et son adversaire Bissette, Martiniquais, symbole lui aussi de liberté depuis son procès en 1824. Il avait été condamné aux travaux forcés puis à l’exil avec ses amis Volny et Fabien à la suite de la diffusion d’une brochure intitulée De la situation des gens de couleur libres aux Antilles françaises . Bissette, qui avait fondé à Paris en 1834 la Revue des colonies , prônait ouvertement l’abolition immédiate. Rejeté par Schœlcher en 1848 – il ne fut pas retenu dans la liste de ceux qui participèrent à la Commission d’abolition –, il choisit de se rallier aux colons martiniquais. Sa campagne électorale fondée sur le mot d’ordre «oubli du passé» lui valut l’hostilité des électeurs «schœlchéristes». La Martinique élut à l’Assemblée nationale Bissette, Pierre Pory-Papy, avocat, homme de couleur lui aussi, et Schœlcher. Ce dernier devint, après son exil en Grande-Bretagne sous le second Empire, représentant (1871) puis sénateur inamovible de la Martinique (1875). La Martinique connut, sous la IIe République, une vie politique moins agitée et moins féconde que la Guadeloupe. Le premier journal républicain de l’île, La Liberté , parut en 1850-1851.

En 1848, la Martinique comptait environ 73 500 esclaves, pour une population totale de 125 000 habitants. La surface cultivée (30 000 ha) était consacrée pour moitié à la culture de la canne à sucre. Les cultures se diversifièrent après l’émancipation (café, cacao, coton, épices, cultures vivrières), mais le mouvement d’établissement des nouveaux libres, en tant que petits exploitants agricoles, fut plus restreint qu’en Guadeloupe. L’association des anciens esclaves avec les anciens maîtres pour l’exploitation de parcelles de terre en métayage, ou «colonat partiaire», fut souvent pratiquée, contrairement à ce qui se passait en Guadeloupe. Les mesures prises pour maintenir les anciens esclaves sur les plantations de canne à sucre furent par conséquent moins contraignantes qu’en Guadeloupe. Dès 1852, les premiers contrats étaient passés avec des compagnies de navigation pour l’introduction dans l’île de travailleurs indiens et chinois puis, en 1857, pour l’immigration d’engagés africains (9 090 immigrants entre 1857 et 1862). Les plaintes des colons martiniquais, comme celles des planteurs des colonies britanniques et de la Guadeloupe, quant aux risques de «désertion» des plantations par les anciens esclaves après l’émancipation, avaient entraîné les mêmes conséquences: l’emploi de plusieurs dizaines de milliers d’Indiens pour des salaires très bas, dans des conditions particulièrement astreignantes. Le Conseil général de la Martinique vota l’arrêt de l’immigration indienne en 1884. Le nombre d’Indiens arrivés en Martinique depuis 1852 était estimé à 25 500 personnes. Au terme de leur contrat d’engagement, 4 551 avaient demandé à être rapatriées.

Une partie de l’indemnité coloniale destinée aux anciens propriétaires d’esclaves constitua le capital de base de la Banque de la Martinique (loi du 11 juillet 1851). Le Crédit colonial, fondé à Paris en 1860, qui devint le Crédit foncier colonial en 1863, permit aux propriétaires terriens martiniquais de réaliser les investissements nécessaires à la concentration des terres et à la construction de grandes usines sucrières, dites «grandes centrales». Dix-sept établissements étaient créés dès la fin du XIXe siècle, surtout dans la partie sud de l’île, qui fabriquaient les deux tiers de la production sucrière de l’île, employant plus de 30 000 ouvriers agricoles, réduits au chômage ou à la quête de petits travaux annexes hors des périodes de récolte.

En 1871, les membres du Conseil général et des conseils municipaux furent à nouveau élus au suffrage universel. Une majorité d’hommes de couleur ou mulâtres, devenus propriétaires ou négociants, fut élue, après que les planteurs blancs de l’île eurent à peu près monopolisé les postes de conseillers généraux et municipaux sous le second Empire.

6. Troubles sociaux, XIXe-XXe siècle

L’année 1870 fut marquée par un soulèvement, l’«insurrection du Sud», qui gagna les communes méridionales de la Martinique en septembre et entraîna la proclamation de l’état de siège par le gouverneur.

Les procès de cent vingt et un inculpés eurent lieu en 1871. Cinq d’entre eux furent condamnés à mort et exécutés en décembre 1871 à Fort-de-France, les autres étant condamnés aux travaux forcés et à des peines de prison. Ces événements marquèrent le début d’une longue série de mouvements sociaux que ne fit qu’aggraver, pendant les années 1880, la crise de l’économie sucrière. La récolte de canne à sucre de l’année 1882 s’ouvrit par un conflit social à Sainte-Marie et à La Trinité où éclata l’une des premières grèves des ouvriers agricoles de la Martinique; son objet semble avoir été la demande d’une augmentation des salaires. À partir de 1884 jusqu’à la Première Guerre mondiale, le prix du sucre baissa fortement. La production martiniquaise resta cependant élevée, ne s’adaptant pas à la crise de surproduction sucrière mondiale. L’abaissement des salaires de la main-d’œuvre des grandes centrales fut, quant à lui, immédiat. En janvier 1885, les ouvriers du François et du Robert, dont les salaires venaient d’être diminués de 20 p. 100, se mettaient en grève. En février 1900, de nouvelles revendications salariales suscitèrent un important mouvement de grève dans l’ensemble de l’île. La troupe tira sur les grévistes au François, faisant une douzaine de morts et plusieurs dizaines de blessés. Cette première grève générale de la Martinique donna naissance au premier syndicat, le «Syndicat agricole du Lorrain», formé le 18 octobre 1900. Le 26 mars 1901, le premier mouvement socialiste de la Martinique publiait son manifeste à Saint-Pierre. Le groupe communiste Jean Jaurès créé en décembre 1919 publia, le 8 mai 1920, le premier numéro du journal Justice . La Fédération communiste de la Martinique fut créée en 1935, et en 1956 se constitua le Parti communiste martiniquais. Aimé Césaire quitta ce parti et fonda le Parti progressiste martiniquais en mars 1958. Ce poète, maire de Fort-de-France et député de la Martinique, fut rapporteur de la loi votée le 19 mars 1946 qui faisait de l’île un département français, au même titre que la Guadeloupe, la Guyane et la Réunion.

En 1900, la Martinique avait vingt-cinq usines sucrières; il n’en existait plus que quinze en 1917 et quatorze en 1935. Elles appartenaient soit à des particuliers, soit à des sociétés anonymes aux mains d’actionnaires békés. La situation différait encore sur ce point de la situation de la Guadeloupe, où l’expropriation des terres s’était effectuée au profit des groupes français (Crédit foncier colonial, Société anonyme des usines de Beauport – S.A.U.B. – et Société industrielle et agricole de Pointe-à-Pitre, la S.I.A.P.A.P.), et au profit des békés martiniquais. Après la guerre, la crise économique et sociale s’illustra par une série de grèves durement réprimées par les forces de l’ordre colonial. Le 4 mars 1948, on dénombra trois morts lors d’une grève des ouvriers agricoles au Carbet. La fusillade de la Chassin fit plusieurs blessés, au cours de la grève de quatre-vingt-cinq jours en 1953. Le 24 mars 1961, la grève des ouvriers agricoles était réprimée durement au Lamentin et causait la mort de trois ouvriers. La répression frappait également les ouvriers agricoles en grève à l’habitation Chalvet en février 1974 et faisait deux morts et cinq blessés.

7. Problèmes économiques

L’entrée dans l’Europe communautaire en 1993 a suscité des craintes dans l’île: la libre concurrence risque de laminer l’économie locale surprotégée. Le député-maire de Fort-de-France, Aimé Césaire, déclara que la Martinique allait devenir une terre de consommation, «nouvelle reconquête coloniale [...] européenne». Le traité de Maastricht a toutefois reconnu la particularité de la Martinique. Une déclaration annexée à ce texte, relative aux «régions ultrapériphériques», stipule clairement la nécessité de mesures particulières. La Martinique – comme la Guadeloupe – se veut au premier rang des régions bénéficiant largement des «fonds de cohésion» destinés à aider les régions pauvres de la Communauté. Cette reconnaissance de la spécificité de la Martinique par la Communauté européenne fut amorcée à travers des instruments tels que le P.O.S.E.I.D.O.M. (Programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité des départements d’outre-mer), qui a, pour la première fois, mis en évidence les handicaps structurels de ces régions. L’octroi de mer, ressource principale des communes, était directement menacé par l’ouverture du marché unique européen, car il pouvait juridiquement être assimilé à un droit de douane. Il fut maintenu, mais sous des formes qui respectent le droit européen. Le rapport Ripert (rapport de la Commission sur l’égalité sociale et le développement économique des Dom) préconisait en 1990 la suppression (à terme) de la fameuse allocation de 40 p. 100 de salaire supplémentaire dans les départements d’outre-mer (pour cause de «vie chère») et l’alignement des prestations sociales et familiales.

La banane, en 1990, représentait 41 p. 100 de la valeur de la production agricole finale en Martinique. Malgré une consommation locale sous-évaluée, elle reste surtout une culture d’exportation (86 p. 100 de la production). La superficie plantée a progressé de 14 p. 100 entre 1981 et 1989, alors que la plupart des autres cultures ont régressé. En 1962, le marché français de la banane fit l’objet d’une réglementation de la répartition des provenances, à raison de deux tiers en provenance de la Guadeloupe et de la Martinique. Les autres producteurs de la zone franc étaient la Côte-d’Ivoire, le Cameroun et Madagascar. Toutefois, le quota des 66 p. 100 ne fut pas souvent atteint. En 1993, la production des pays A.C.P. (Afrique-Caraïbes-Pacifique) aborde dans une situation précaire l’ouverture du «grand marché européen». Les productions d’Espagne, du Portugal et des pays A.C.P. ne couvrent que 48 p. 100 du marché de la Communauté européenne, et le traité de Rome garantit la préférence pour la production communautaire ou associée. Cependant, la production bananière de Guadeloupe et de Martinique ne fournit que 12,4 p. 100 de la consommation européenne, celle des pays A.C.P., notamment des ex-colonies britanniques des Caraïbes, 19 p. 100. Les mesures préconisées dans les départements d’outre-mer français pour remédier à cette situation concernent l’extension des surfaces cultivées, l’amélioration du processus de production, une meilleure commercialisation, la mise en vente de produits transformés et la pénétration de nouveaux marchés. Ce secteur de production agricole n’en reste pas moins dépendant de conditions climatiques souvent capricieuses...

Le développement hypertrophié du secteur d’activité tertiaire, un taux de chômage supérieur à 30 p. 100, touchant une population jeune, conduisent à une forte émigration, tournée essentiellement vers la France. La population martiniquaise, estimée à 365 000 personnes (1er janv. 1991), doit faire face à l’étroitesse des marchés locaux de l’emploi. Il y avait 53 000 chômeurs déclarés en Martinique en 1990, et la situation n’a cessé de s’aggraver depuis lors. Le revenu minimum d’insertion (R.M.I.), instauré par la loi du 1er décembre 1988, prétend offrir un minimum vital aux plus démunis (18 111 bénéficiaires en décembre 1991). Le très faible niveau de formation des allocataires et la situation difficile de l’emploi compromettent largement les résultats d’insertion professionnelle.

La décentralisation spécifique issue de l’adaptation de la loi du 2 mars 1982 a instauré à côté du conseil général un conseil régional de quarante et un membres en février 1983. Le fonctionnement de ces deux assemblées, «une absurdité», selon Aimé Césaire, et l’alourdissement de la bureaucratie insulaire qui en découle ont conduit certaines personnalités politiques à revendiquer une assemblée unique. La présence au conseil régional de neuf représentants indépendantistes du Mouvement indépendantiste martiniquais (M.I.M.) élus aux élections régionales de mars 1992 a sans doute favorisé cette réflexion. Le M.I.M. devançait, avec 16 p. 100 des suffrages, les élus du Parti progressiste martiniquais (P.P.M.) d’Aimé Césaire qui a annoncé son départ à la retraite, laissant un héritage bien difficile à gérer.

Martinique
(île de la) île des Antilles françaises (Petites Antilles) formant un dép. franç. d'outre-mer dep. 1946 et une Rég. dep. 1982; 1 102 km²; 359 572 hab.; ch.-l. Fort-de-France. V. dossier France d'outre-mer, p. 1443.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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